Tandis que la communauté internationale se réunit autour d’objectifs communs pour le développement inclusif et durable, les cibles spécifiques des Objectifs de développement durable (ODD) 5.2, 8.7 et 16 donnent aux gouvernements la mission de redoubler d’efforts pour aborder la violation des droits de l’homme que constitue la traite des êtres humains (TEH). Durant la dernière semaine d’avril, à l’occasion de trois missions concomitantes dans le cadre d’Actions MIEUX au Ghana, au Timor oriental et en Thaïlande, nous nous penchons sur l’appui offert par MIEUX et l’ICMPD à des gouvernements à travers le monde dans la lutte contre la traite.

Les trois pays susmentionnés priorisent tous l’amélioration des capacités de leurs institutions afin de mieux répondre aux besoins très spécifiques liés à la lutte contre la traite. Tandis que ces trois pays ont tous ratifié les cadres législatifs internationaux et régionaux pertinents, et produit des politiques nationales et des Plans d’action pour contrer ce phénomène, ils bénéficient tous d’un appui supplémentaire pour faire avancer les engagements exprimés dans ces politiques.

De solides institutions constituent la base pour une mise en œuvre efficace de la législation et de la politique. Voilà en quoi la présence d’une structure de mise en place de capacités entre pairs telle que MIEUX peut s’avérer utile. En fournissant une réponse axée sur la demande et ciblée face aux besoins de chaque pays partenaire, MIEUX a acquis une expérience approfondie dans la conception d’Actions sur le thème de la TEH. À ce jour, 28 Actions MIEUX sur 139 ont abordé la TEH par différents moyens : le développement de guides, de matériel de formation et de politiques ; des campagnes de communication ; et la formation d’agents et de personnel en Asie, en Afrique, en Amérique latine et aux Caraïbes ainsi que dans le voisinage de l’UE. Fait notable : l’Asie a été la région où le plus d’Actions ont été menées sur le sujet, comme expliqué dans la Fiche d’information MIEUX « Asia Regional Factsheet ».

Dans la première partie de cette série d’articles en trois volets, nous examinons le contexte dans lequel chaque Activité MIEUX se tient, les tendances en matière de traite d’êtres humains, ainsi que les structures juridiques et institutionnelles mises en place pour combattre la traite dans chaque pays. L’article de demain présentera des détails sur l’approche adoptée par MIEUX dans la conception de chaque Action.

Ghana : exploitation professionnelle et point de transit

 Durant la dernière semaine d’avril, MIEUX a soutenu le Service d’immigration du Ghana (GIS) en animant un atelier d’échange d’informations sur « la détection, l’investigation et la redirection des victimes de la TEH » à Accra. Cet atelier s’inscrit dans une Action en cours qui fournira au GIS un module de formation sur la traite des êtres humains dérivant d’approches axées sur les victimes et fondées sur les droits de l’homme.

 À l’instar de nombreux États membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Ghana dresse des rapports sur la traite des adultes et enfants à diverses fins : en 2016, cela comprenait l’exploitation sexuelle dans la prostitution, l’exploitation à travers la mendicité, la servitude domestique et l’exploitation professionnelle dans l’agriculture (dans des fermes et cheptels), dans des industries extractives (batée et gravières), ainsi que des cas d’exploitation dans la vente ambulante.

La traite domestique de Ghanéens, en particulier d’enfants, est plus couramment identifiée que la traite transfrontalière de citoyens ghanéens et étrangers : selon l’Unité anti-traite de la Police du Ghana (AHTU), en 2016, 61 % de l’ensemble des cas de traite identifiés au Ghana étaient liés à l’exploitation professionnelle, contre 39 % à des fins d’exploitation sexuelle. Le Ghana constitue aussi un point de transit pour les Ouest africains victimes de la traite aux fins d’exploitation sexuelle en Europe, en particulier vers l’Italie et l’Allemagne.

En tant que membre de la CEDEAO, le Ghana est partie à ses Conventions et participe à la mise en œuvre des Plans d’action de la CEDEAO sur la traite des êtres humains, dont le cinquième plan régional vient d’être adopté. À l’échelle internationale, le Ghana a ratifié des instruments juridiques clés comme la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée de 2000 et son Protocole sur la traite.

Thaïlande : une économie développée avec un nombre élevé de cas de traite identifiés

Durant la dernière semaine d’avril, MIEUX a soutenu le Ministère thaïlandais du Développement social et de la Sécurité humaine à acquérir des connaissances sur la prévention des cas de traite et la protection des victimes de la traite en organisant une visite d’étude aux Pays-Bas, dans le cadre d’une Action en cours mettant en œuvre un programme de mise en place de capacités destiné à soutenir le gouvernement thaïlandais dans la lutte contre la traite et la protection des victimes de la TEH.

En tant que pays à revenu intermédiaire, la Thaïlande est à la fois un pays d’origine et de destination pour un grand nombre de migrants internationaux. La Thaïlande est signataire des instruments juridiques clés aux échelles internationale et régionale sur la traite des êtres humains, et a signé des accords bilatéraux avec bon nombre de ses pays voisins, de même que le développement d’un cadre juridique national sophistiqué contre la traite des êtres humains.

Malgré cela, il s’agit d’un pays source, de destination et de transit pour des hommes, femmes et enfants victimes de la TEH aux fins d’exploitation professionnelle et sexuelle. Bon nombre des facteurs qui influencent les migrations à grande échelle en provenance et à destination de la Thaïlande ont également mené à des cas de traite aux fins d’exploitation professionnelle dans des industries liées à la pêche, la production de vêtements bas de gamme, ainsi que des usines et le travail domestique au sein du pays. À leur tour, des ressortissants thaïlandais ont été victimes de la traite dans des pays d’Asie, d’Europe, du Moyen-Orient et des États-Unis, essentiellement aux fins d’exploitation professionnelle et sexuelle, et de servitude domestique.

Timor oriental : besoin de données supplémentaires

La dernière Activité MIEUX avec le Timor oriental était une visite d’étude en Thaïlande pour en savoir plus sur les efforts et pratiques en cours en vue de combattre la traite des êtres humains et pour mener des enquêtes complexes sur des cas. Cette activité s’inscrit dans le cadre d’une Action en cours visant le renforcement des capacités des autorités publiques timoraises dans l’application de normes internationales et de bonnes pratiques dans des cas de TEH, en particulier lors des phases d’investigation et de préparation de cas.

Avec une population de 1,2 million d’habitants, le Timor oriental est un petit État d’Asie du Sud-Est, classé quatrième dans la liste des plus jeunes pays au monde. En tant que nouvel arrivant dans de nombreux forums régionaux et internationaux, le Timor oriental a besoin d’appui dans de nombreux domaines de gestion des migrations.

Concernant la lutte contre la traite, l’un des plus grands défis est la capacité institutionnelle limitée d’enquêter sur des cas potentiels. Par ailleurs, il manque des données et informations précises et détaillées. Les rares services de protection disponibles aux victimes de la traite avérées et potentielles sont limités aux zones urbaines, et les fournisseurs de services manquent souvent de connaissances et de compétences.


Ces trois pays géographiquement diversifiés, qui possèdent chacun un profil distinct de tendances en matière de traite et des besoins spécifiques de leurs institutions, ont bénéficié du soutien de MIEUX dans l’amélioration de leur réponse face à la traite des êtres humains.

Ne manquez pas l’article de demain, où nous nous pencherons davantage sur la façon dont ces activités ont été alignées sur les besoins de chaque pays et sur les idées rassemblées par l’équipe de MIEUX au cours de l’expérience.

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Pourquoi cet article ?

Le Ghana, le Timor oriental et la Thaïlande : trois pays aux profils migratoires très différents, mais tous confrontés à des défis lorsqu’il s’agit de combattre la traite des êtres humains (TEH). Durant la dernière semaine d’avril, MIEUX a organisé trois activités concomitantes dans le cadre d’Actions respectives axées sur la lutte contre la traite. Pour marquer l’occasion, nous présentons un article en trois volets mettant en avant ces Actions pour illustrer ce que des activités de mise en place de capacités peuvent atteindre dans la lutte contre la traite.


En savoir plus

Notre action en Afrique

Notre action en Asie


Liens connexes

Page Internet du Programme de lutte contre la traite de l’ICMPD

Page Internet de l’Action du Conseil de l’Europe contre la traite des êtres humains