MIEUX et le voisinage de l'UE

Aujourd’hui, l’Initiative MIgration EU eXpertise publie une nouvelle fiche d’information régionale décrivant son expérience dans les voisinages Est et Sud de l’UE depuis 2009. Depuis 10 ans, les interventions de MIEUX ont permis de renforcer les capacités institutionnelles dans des domaines comme la communication, la gestion des données, la migration irrégulière et le trafic et la migration de travail. Composés de 16 pays aux caractéristiques très diverses, les pays du voisinage partagent des relations étroites avec l'UE, fondées non seulement sur des frontières communes, mais également sur des objectifs et des normes de plus en plus proches en matière de gouvernance de la migration, tels qu'énoncés dans la Politique Européenne de Voisinage (PEV) de l'UE. Développée en 2004 et révisée en 2015 pour mieux tenir compte de la migration et de la mobilité, la PEV soutient les demandeurs d'asile, s'attaque aux causes profondes des migrations, améliore la coopération en matière de retour, de réadmission et de réintégration, et favorise la mobilité des étudiants et des universitaires. [Téléchargez la fiche d'information régionale]

Facteurs de migration et domaines à améliorer

Dans le voisinage européen, deux principaux facteurs de migration peuvent être identifiés: la migration forcée  et la recherche de meilleures opportunités économiques et professionnelles. Le voisinage oriental est à l’origine d’importants flux d’émigration qui ont pour destinations principales l’Union européenne et surtout la Russie. Le conflit civil en Ukraine a renforcé cette tendance avec la reprise des flux de migration forcée. Dans le voisinage méridional, les pays d’Afrique du Nord sont traditionnellement des pays d’émigration vers les pays européens et les États du Golfe. Les pays du Maghreb sont également une zone de transit importante pour les flux de l'Afrique subsaharienne vers l'Europe et, plus récemment, un pays de transit et de destination pour les demandeurs d'asile libyens et syriens. Dans les pays du Moyen-Orient, les déplacements forcés ont été un problème majeur ces dernières années. À la fin de 2016, les pays du Moyen-Orient accueillaient plus de 45% de tous les réfugiés dans le monde. La Jordanie et le Liban jouant un rôle crucial en accueillant des réfugiés en provenance de Syrie. Plusieurs domaines de la gouvernance et de la gestion des migrations méritent une attention particulière de la part des institutions concernées, notamment : lutter contre la migration irrégulière et la gestion des frontières; lutter contre la traite des êtres humains conformément aux normes et pratiques internationales; développer et gérer des données sur la migration; harmoniser les politiques de migration avec les normes de l'UE; encourager la contribution des groupes de la diaspora au développement national. [Téléchargez la fiche d'information régionale]

MIEUX dans la région

Depuis 2009, les 14 interventions de MIEUX ont contribué à l’instauration d’une relation plus étroite en matière de migration et de mobilité entre l’UE et ses partenaires des voisinages est et sud. Les demandes de renforcement des capacités ont visé des objectifs très divers, allant de l’amélioration de la communication entre la police des frontières et le grand public en Moldavie, à la formulation d'un protocole pour une meilleure assistance de première ligne aux victimes de la traite en Jordanie. [Trouvez plus d'exemples dans la fiche d’information régionale]

La voie à suivre

 Les voisinages est et sud sont très différents dans leur approche et leurs besoins en matière de migration. Néanmoins, selon l’expérience de MIEUX dans la région, une série de pistes mériteraient  d’être explorées pour améliorer la gouvernance et la gestion des migrations dans ces sous-régions.

Il est crucial d’aborder la réalité des flux migratoires mixtes, en particulier au du sud de la Méditerranée, où les demandeurs d’asile, les migrants économiques et les victimes de la traite voyagent côte à côte le long des mêmes routes migratoires. Les autorités publiques s'occupant des migrants devraient prendre en compte la complexité et la multi-dimensionnalité de ces flux afin de garantir le respect et la protection des droits de l'homme et de soutenir l'efficacité des réponses de gestion de la migration.

Lutter contre la traite en développant une une approche commune , des normes et des standards de la traite aux niveaux national et international. Pour renforcer cette compréhension mutuelle,des initiatives de renforcement des capacités et le partage d'expériences internationales s'avéreraient bénéfiques.

Renforcer la collecte et le partage de données sur la migration. L’absence de données sur la migration est l’un des obstacles majeurs à l’élaboration de politiques de migration fondées sur des données factuelles. Tout aussi important, le partage de données entre les institutions gouvernementales est la prochaine étape logique afin de brosser un tableau complet de la mobilité humaine aux niveaux local, national et régional.

Encourager l’harmonisation des lois et des politiques nationales avec les normes internationales et les instruments juridiques de protection des travailleurs migrants, conformément aux dispositions des conventions de l’Organisation internationale du Travail (OIT) visant à promouvoir une gouvernance de la migration de travail plus équitable et fondée sur les droits de l’homme. Voir un exemple de Biélorussie.

Renforcer la coopération entre l’UE, les États members de l’UE et les pays voisins en matière de participation de la diaspora afin de tirer parti du potentiel des membres de la diaspora pour le développement national. Par exemple, des partenariats plus solides entre les pays d'origines et de destinations dans l'UE pourraient améliorer la cartographie des communautés de la diaspora.

Soutenir davantage une approche d’échange entre pairs afin de permettre un réel partage sur les questions de migration entre l'UE, les États membres de l'UE et les pays voisins. Comme MIEUX l'a démontré, une approche de renforcement des capacités entre pairs est bénéfique, car elle permet de soutenir les pays partenaires dans leurs efforts pour renforcer leurs cadres de gouvernance en matière de migration, ainsi que pour instaurer un climat de confiance et un apprentissage mutuel. Cette approche a permis à MIEUX de renforcer la gouvernance en matière de migration et les partenariats entre l'UE et les pays voisins de l'UE au cours de la dernière décennie.


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