Dans cette édition de Réflexions MIEUX, Mme Diana Hincu, représentante locale de l'ICMPD en Moldavie, partage des informations de première main sur une action axée sur les communications en cas de crise avec l'Inspection générale de la police des frontières (GIBP) du ministère des Affaires intérieures (MIA) en Moldavie.

En juin 2018, MIEUX a finalisé en Moldavie une action portant sur la communication en lien avec la migration irrégulière, mise en œuvre à la demande de l’Inspection générale de la police des frontières (IGPF) du ministère de l’Intérieur moldave (MI). Son objectif était de renforcer les capacités du MI en vue de communiquer plus efficacement avec les médias, les organisations de la société civile (OSC) et le public en général sur la migration irrégulière. Cette action vient appuyer la réforme institutionnelle entreprise par le MI dans le cadre de l’Accord d’association entre l’Union européenne (UE) et la République de Moldavie. Le produit final est un plan de communication médias sur la migration irrégulière, élaboré par un groupe de travail ad hoc créé par le Ministère.

MIEUX : Quelle est l’importance de cette action pour la Moldavie ?

 Cette action MIEUX a contribué à développer les capacités du MI en matière de relations publiques, en particulier en situation de crise. C’est la première action MIEUX en Moldavie entièrement consacrée à la communication sur les migrations. L’IGPF a trouvé les différentes activités utiles pour l’exercice de ses missions quotidiennes, notamment les exercices pratiques, les simulations, les entretiens et, en général, a apprécié la nature interactive de la formation.En plus cette formation proprement dite, l’action a permis l’instauration d’un réseau et un échange d’expériences avec des experts des États membres (EM UE) italiens, roumains et slovènes a donc favorisé le transfert de connaissances entre institutions.

MIEUX : L’action a amené les participants à réfléchir à leurs relations avec les médias et aux difficultés existantes. Pouvez-vous expliquer comment les autorités moldaves envisagent dorénavant la coopération avec la société civile et les médias ?

L’une des grandes conclusions de l’action est la nécessité de renforcer la coopération avec les organisations non gouvernementales (ONG) et le public dans le domaine des migrations.  Aujourd’hui, il n’existe aucune plateforme d’information ou d’échange de données entre la société civile et l’IGPF ; une lacune à laquelle s’ajoute l’absence d’ONG spécialisée dans les questions migratoires qui, souvent, conduit à une mauvaise interprétation des événements en rapport avec les migrations.

Les activités de l’action ont servi de cadre à une réflexion sur l’image de la migration au sein de la population moldave et ont permis d’identifier des pistes d’action pour une couverture médiatique plus positive. Les bénéficiaires des formations ont pu découvrir diverses méthodes de communication, notamment en situation de crise, et comprendre comment faire bon usage des techniques de communication modernes telles que les réseaux sociaux.

À ce propos, et conformément aux bonnes pratiques européennes, le MI souhaite explorer les pistes d’une future coopération renforcée, tout en gardant à l’esprit les principes d’empathie et de transparence de la communication. L’IGPF envisage aussi de convier plus fréquemment des journalistes à ses événements et, à terme, d’organiser des réunions conjointes régulières afin de nuancer la couverture médiatique et de se coordonner pour faire passer des messages clés.

MIEUX : Quelles sont les innovations apportées aux autorités moldaves par l’action MIEUX ?

 S’agissant de la première action MIEUX entièrement dédiée à la communication en Moldavie, toute une série d’activités ont été réalisées : exercices de simulation, visite d’études et ateliers de formulation. La formation sur les techniques de communication, et l’échange de connaissances sur les situations de crise liées à la migration, visait à rencontrer un besoin très spécifique du bénéficiaire.

L’idée d’élaborer un plan de communication a été lancée lors de la mission d’évaluation et de la première session de formation : après avoir pris connaissance des enseignements européens – en particulier ceux tirés de la crise des migrants – les intervenants moldaves ont mesuré toute l’importance d’une communication coordonnée en situation de crise et jugé nécessaire d’élaborer un plan. La maîtrise des techniques de communication et l’importance de l’approche préventive ont été au cœur du travail de rédaction du plan. Conçue comme un exercice de cohésion d’équipe, cette étape a aussi permis d’améliorer la communication interne et de préciser les rôles de chaque unité. Pour finir, le plan de communication a été présenté aux autres unités du MI pour référence et mise en pratique dans d’autres processus de développement institutionnels.