Le 25 mai marque la Journée Mondiale de l'Afrique. À cette occasion, MIEUX+ met en avant plusieurs projets en cours et discute de l'importance des liens entre migration et nutrition, thème annuel choisi par l'Union africaine.

MIEUX+ en Afrique

La région africaine a toujours été la plus importante de notre portefeuille ; les responsabilités sont réparties entre les points focaux régionaux pour le voisinage de l'UE, l'Afrique de l'Ouest et centrale et l'Afrique de l'Est et Australe. Depuis le début de la quatrième phase en avril 2020, il y a eu 15 demandes pour travailler sur des sujets tels que la migration environnementale, les droits de vote de la diaspora, la traite des êtres humains et les liens entre le commerce et la gestion des frontières, pour n'en citer que quelques-uns.

Consultez notre série de fiches d'information régionales pour plus de détails.

Migration et nutrition

S'inspirant du thème annuel célébré par l'Union africaine, le thème de la Journée de l'Afrique de cette année est la nutrition. Par ses effets négatifs sur le développement du capital humain et sa productivité, la malnutrition contribue au retard du développement économique et social des pays africains. En 2020, le champion de la nutrition de l'Union africaine (UA) a appelé les dirigeants du continent à intégrer et à promouvoir des interventions intelligentes en matière de nutrition dans les plans d'action de réponse et de rétablissement de COVID-19.

Cet appel est d'autant plus pertinent dans le contexte actuel d'une hausse soudaine des prix des denrées alimentaires causée par la guerre en Ukraine, alors que de nombreuses agences spécialisées et experts mettent en garde contre une crise alimentaire imminente dans la Corne de l'Afrique, entre autres régions du monde. Les perturbations des chaînes d'approvisionnement alimentaire nationales et l'insécurité alimentaire peuvent se combiner pour créer des conditions qui incitent à la migration interne et/ou internationale.

Quel est le lien entre MIEUX+ et ce sujet ? 

Un domaine d'intérêt croissant pour nos partenaires est le lien entre la migration et l'environnement, ce qui inclut l'élaboration de stratégies de prévention des crises complexes, la création de stratégies d'adaptation et le renforcement de la résilience aux chocs externes. Par exemple, au Bénin, nous venons de conclure un projet dans le cadre duquel des expert(e)s européens ont soutenu la rédaction de recommandations pour le plan national d'adaptation que le gouvernement béninois a présenté lors de la COP26 à Glasgow.

Un nouveau domaine d'intérêt qui découle des liens entre migration et environnement est celui des liens entre migration et économie verte. Comme l'indique un récent document de travail, les migrants et la migration doivent faire partie de la transition vers une économie verte et être pris en compte lors de l'élaboration de politiques et de stratégies dans ce domaine.

D'autres projets récents ont mis en lumière une série de réflexions intéressantes reliant la migration à la nutrition.

Leçons tirées de nos Actions

  • Nutrition et gestion des frontières : il est important pour les pays voisins d'avoir une approche harmonisée de la gestion des frontières et de la facilitation du commerce lors de situations d'urgence qui affectent la mobilité, comme le COVID-19. Les mesures non harmonisées peuvent affecter les commerçants, en particulier les commerçants transfrontaliers informels et à petite échelle qui transportent des produits alimentaires et agricoles, qui sont en majorité des femmes. En retour, cela a un impact sur la disponibilité des produits alimentaires et agricoles sur le marché local ainsi que sur les moyens de subsistance des individus et leur accès aux produits alimentaires. Cet effet boule de neige a été observé par le Secrétariat du COMESA et a en partie motivé sa demande de soutien à l'été 2020 pour créer du matériel d'information et un cours de formation sur la gestion de la migration et de la mobilité aux frontières pendant une crise sanitaire.

  • Investir dans l'économie verte pour favoriser le changement : Comme nous l'évoquons dans notre récent document de travail, il est nécessaire de tirer parti du potentiel qu'offre la migration pour la transition vers l'économie verte. En se concentrant sur l'agriculture, la production et la distribution de denrées alimentaires comme secteurs cruciaux où stimuler l'innovation et l'investissement dans le capital humain, il y aurait au moins trois avantages clairs pour la nutrition :
    • Une production et une disponibilité continues des principales ressources alimentaires et agricoles et la prévention des pénuries ;
    • Des moyens de subsistance renforcés pour les communautés rurales, leur garantissant un revenu leur permettant d'accéder à des produits nutritifs, ce qui, à son tour, pourrait minimiser les facteurs négatifs de la migration ;
    • Une agriculture durable qui serait plus résistante aux effets du changement climatique.

  • Transformation et développement ruraux : Il existe une relation à double sens entre la migration rurale et le développement rural. D'une part, la migration rurale dépend intimement des conditions dans les zones rurales et a plusieurs impacts sur les sous-secteurs agricoles. D'autre part, l'économie rurale a un rôle clé à jouer en tant que partie intégrante de toute réponse aux grands mouvements migratoires. Lors des tables rondes préparatoires au Forum mondial sur la migration et le développement (FMMD) de 2019, nous avons organisé en Jamaïque un atelier régional réunissant près de 40 participants de la région Amérique latine et Caraïbes pour discuter du développement et de la transformation des zones rurales. Le manque de services publics décents, d'infrastructures et d'opportunités d'emploi dans l'économie rurale et le manque d'attractivité.