Dans cet article d'opinion, Laura Zorrilla Fernandez, spécialiste de la gestion des connaissances et de la communication de MIEUX+, partage son point de vue sur les besoins de soutien au développement des capacités en matière de migration reçus de différents partenaires et régions en 2021.

Au sein de MIEUX+, nous travaillons sur la base de la demande, recevant des demandes d'aide au renforcement des capacités de la part de partenaires basés en Afrique, en Asie, en Amérique latine et dans les Caraïbes, ainsi que dans le voisinage de l'UE. C'est l'une de nos principales caractéristiques, qui nous aide à dresser un tableau des besoins actuels sur le terrain.

Près de deux ans après la propagation de la pandémie de COVID-19 au niveau international, et avec une série de nouvelles demandes dans plusieurs régions, quelles sont les tendances que nous pouvons observer ? Quels sont les sujets qui ressortent des nouvelles demandes et que pouvons-nous déduire de la situation dans les régions où nous travaillons ? Globalement, comment le renforcement des capacités aide-t-il les institutions gouvernementales à répondre à leurs besoins en matière de migration ?

Le point de départ

Ces questions nous ont incités à nous plonger une fois de plus dans notre portefeuille de projets et à tirer quelques observations préliminaires des 32 manifestations d'intérêt reçues en 2021. De nombreuses demandes font allusion aux changements dans la gestion, la planification des ressources et la prestation de services liés à la pandémie actuelle de COVID-19, tandis que d'autres tentent de profiter de cette période pour jeter les bases de plans à long terme.

En analysant notre portefeuille, nous pouvons voir des sujets "classiques" tels que la migration de la main-d'œuvre, la gestion des frontières et la traite des êtres humains, ainsi que des sujets plus récents comme le changement climatique, l'intégration et le rôle du gouvernement local. Un regain d'intérêt de la part des autorités d'Asie centrale a donné lieu à cinq nouvelles actions dans la région.

Développement des capacités pour faire face aux périodes de crise

Au-delà des sujets, il est important de noter que le rythme des manifestations d'intérêt n'a pas ralenti. Les institutions du monde entier continuent de faire confiance au développement des capacités pour faire face aux défis posés par la pandémie de COVID. En mettant l'accent sur l'échange mutuel de connaissances et d'enseignements, nous avons reçu 32 manifestations d'intérêt en 2021, un nombre similaire aux 36 reçues l'année précédente. À la suite d'une procédure d'approbation interne, les demandes approuvées ont été transformées en projets (Actions) dont les activités ont commencé au cours du second semestre 2021 ou débuteront dans les semaines à venir.
Accroître les compétences des agents publics

En fait, COVID-19 continue d'être un facteur majeur qui motive le besoin d'innovation, de résilience et de durabilité pour les Administrations publiques du monde entier. L'amélioration des connaissances, des aptitudes et des compétences des agents publics reste une priorité absolue pour de nombreux partenaires MIEUX+ dans le monde.

  • Un exemple spécifique est l'île Maurice, où les autorités se concentrent sur la lutte contre les réseaux de trafiquants. La forte récession provoquée par la pandémie offre un terrain fertile pour le développement des réseaux criminels, ce qui a incité le bureau du Premier ministre à demander notre soutien pour renforcer les capacités des fonctionnaires dans le domaine de l'identification, de l'orientation, de l'enquête et de la poursuite de la traite. L'action soutiendra le développement de procédures opérationnelles standard pour la gestion des cas de traite.

Coopération et réseaux pour des institutions efficaces

En outre, la pandémie de COVID-19 a mis en évidence l'importance de la coordination horizontale et verticale pour gérer les crises complexes. Une coopération solide entre les organes gouvernementaux ainsi que d'autres acteurs, notamment le monde universitaire, la société civile et le secteur privé, s'est avérée essentielle. Plusieurs partenaires dans le monde s'appuient sur notre expertise dans ce domaine pour demander un soutien.

  • En Moldavie, nous aiderons le ministère de l'Intérieur à mettre en place un mécanisme interinstitutionnel de suivi et d'évaluation pour la mise en œuvre effective de leur stratégie de gestion intégrée des frontières (GIF), ce qui améliorera la coopération interinstitutionnelle et l'échange régulier d'informations.

  • Au Tadjikistan, les envois de fonds des travailleurs migrants internationaux représentent près de 30 % du PIB du pays. Les restrictions mondiales sur les voyages imposées début 2020 et les changements législatifs dans les pays de destination ont fortement restreint la mobilité d'un grand nombre de ces travailleurs. Dans ce contexte difficile, le ministère du Travail, des Migrations et de l'Emploi et trois organisations de la société civile souhaitent renforcer la coordination entre les partenaires de la société civile et les agences d'emploi privées afin d'éveiller l'attention de l'opinion publique.