Le ministère des Affaires étrangères de Madagascar a présenté aujourd'hui à Antanarivo, Madagascar, la nouvelle Politique nationale d'engagement de la diaspora malgache, élaborée avec le soutien de l’Initiative Migration EU eXpertise (MIEUX). La formulation de la politique, liée au Programme de Développement Durable 2030, a été l'objectif d'une Action de deux ans qui a débuté en novembre 2017 et vise à promouvoir, encourager et faciliter la participation de Malgaches à l'étranger dans le développement futur du pays.

L'objectif: le renforcement des liens entre la diaspora malgache et le gouvernment

En 2017, l’Initiative MIEUX a reçu une demande d'appui par la Direction de la diaspora du ministère des Affaires étrangères pour la formulation d'une politique d'engagement inclusif et durable de la diaspora dans le cadre d'un plan quinquennal de développement national. La diaspora malgache est relativement peu nombreuse, concentrée en France, avec un fort pourcentage de femmes et de nombreuses personnes exerçant des professions hautement qualifiées.

Cette demande correspond à la reconnaissance croissante du rôle que la diaspora peut jouer dans le développement de leur pays d'origine, comme en témoigne l'inclusion d'objectifs liés à la diaspora dans le Programme 2030 et par l’engagement des gouvernements et des membres et associations de la diaspora qui cherchent à renforcer ce lien en facilitant les investissements et le transfert des connaissances.

Depuis lors, une série d'activités a eu lieu, parmi lesquelles plusieurs consultations au niveau national entre divers ministères et avec la diaspora malgache, et la participation du secteur privé, de la société civile et de toutes les parties prenantes concernées. Cette politique est liée au Programme 2030 pour le développement durable ainsi qu'aux plans de développement national en cours. M. Bamadi Sanokho et Mme Khady Sakho Niang, Présidente du Forum des Organisations de Solidarité Internationale Issues des Migrations (FORIM), ont tous deux été experts indépendants dans plusieurs activités.

Mme Elisa van der Valk, Chargée de projet MIEUX et Coordinatrice régionale pour l'Afrique centrale, orientale et australe, a déclaré à propos de l'Action : « Au nom de l'équipe MIEUX et de l'ICMPD, je suis heureuse d'assister à la présentation de cette politique, fruit de deux ans de travail intense de toutes les parties.  Cette excellente collaboration témoigne de la méthodologie concertée et inclusive qui a rassemblé différents ministères et institutions malgaches, ainsi que des acteurs non gouvernementaux, en particulier des membres de la diaspora, comme un excellent exemple d'approche globale.  Nous sommes fiers d'avoir été choisis pour travailler avec les autorités malgaches à l'élaboration de cette politique, qui marque une étape importante dans le renforcement d'une relation mutuellement bénéfique entre Madagascar et sa diaspora. »

Comme l'a exprimé Mme Lanto Rahajarizafy, Directrice chargée de la diaspora au Ministère des Affaires Etrangères de la République de Madagascar, dans une interview publiée dans le Rapport Annuel MIEUX 2017, "...le gouvernement est conscient du potentiel de la diaspora et du rôle qu'elle peut jouer pour le développement du pays...l'objectif principal a été de favoriser sa participation dans le développement de Madagascar". Cela implique de multiples domaines, tels que les transferts de fonds, l'investissement, le retour dans le pays d'origine et la promotion de Madagascar à l'étranger.

Les thématiques et les axes dans la Politique nationale

La politique présentée aujourd'hui s'articule autour de cinq axes qui décrivent comment les Ampielezana malgaches (Malgaches à l'étranger) peuvent contribuer au développement national :

  1. Le premier axe décrit la responsabilité du gouvernement à l'égard de ses citoyens à l'étranger et la manière dont il entend les soutenir et les protéger à tous les stades du cycle migratoire.
  2. Le deuxième axe décrit les différents moyens par lesquels la diaspora malgache peut contribuer au développement national, en reconnaissant le capital social, culturel, technique, économique et financier de la diaspora et les mesures à mettre en place pour faciliter l'investissement, l'entrepreneuriat, l'emploi et les affinités culturelles.
  3. Le troisième axe stipule que le Gouvernement devra mettre en place plusieurs mesures pour améliorer la base de connaissances sur la diaspora malgache, allant au-delà d'un simple exercice de " cartographie " des nombres, des pays de résidence et des compétences vers une compréhension plus large de leurs besoins et aspirations, en vue de les intégrer dans l'élaboration de politiques fondées sur des données probantes.
  4. Le quatrième axe précise les droits des citoyens à l'étranger de jouir et de participer à la vie politique de Madagascar, en mettant en place de nouvelles mesures telles que la reconnaissance du droit de vote de la diaspora aux élections avec une révision de la loi actuelle.
  5. Le cinquième axe vise à renforcer le partenariat stratégique et la coopération sur l'engagement des diasporas aux niveaux national, bilatéral et international en coordonnant les agences et les départements qui s'occupent des questions relatives aux diasporas dans des actions communes.

MIEUX, l'ICMPD et l'engagement de la diaspora

Depuis 2009, MIEUX a mis en œuvre 22 Actions en Afrique centrale, orientale et australe. En particulier, l’Initiative a soutenu la formulation de politiques et de stratégies migratoires qui incluent l'engagement de la diaspora au Burundi, au Ghana, au Malawi et à l’île Maurice, soit dans le cadre d'une politique migratoire plus large, soit comme objectif principal d'une politique nationale.

En retour, la promotion de l'engagement de la diaspora est un élément clé du travail pour l’ICMPD sur le lien entre migration et développement. Depuis 2007, le Centre international pour l'élaboration de politiques migratoires (ICMPD selon ses sigles en anglais) collabore avec un certain nombre de gouvernements pour concevoir des politiques et des programmes d'engagement de la diaspora. Outre les pays susmentionnés, l’ICMPD a soutenu le Tadjikistan, le Liban, la Géorgie et l'Autriche dans l’élaboration  de stratégies et de plans faisant intervenir leurs groupes diasporiques respectifs. Au cours des cinq dernières années, l’ICMPD a également soutenu la mise en place de la Plate-forme de développement de la diaspora Afrique-Europe (ADEPT), une plate-forme à but non lucratif pour les organisations de la diaspora africaine en Europe engagées dans le développement de l'Afrique.

En juin 2019, la nouvelle Facilité européenne pour la diaspora mondiale (EUDiF) [lien en anglais], mise en œuvre par l’ICMPD, a été lancée dans le but de renforcer la collaboration au développement entre les organisations de diasporas basées dans l'UE, les pays d'origine et l'UE. Le projet se déroulera de juin 2019 jusqu'à la fin de 2022 et réalisera une cartographie mondiale de l'engagement des diasporas, assurera le renforcement des capacités, organisera des consultations et des échanges avec les diasporas et les pays d'origine, et déploiera l'expertise des diasporas pour des projets de développement, entre autres.

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