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Entre le 22 juillet et le 2 août, MIEUX s'est rendue à plusieurs endroits dans le nord du Brésil pour la première activité d'une nouvelle action qui formera le personnel du Bureau du défenseur public (Public Defender Office, DPU) brésilien à mener des entretiens avec des enfants en matière de protection internationale. La première activité visait à évaluer la situation actuelle des enfants et adolescents dans la migration dans les États brésiliens de l’Amazonas et du Roraima, qui enregistrent des volumes d'immigration élevés en provenance du Venezuela. Par la suite, des experts européens formeront le personnel du DPU au protocole d'entretiens structurés pour les demandeurs de protection internationale en tenant compte de l'égalité des sexes, de l'âge, de l'origine ethnique et des déficiences, parmi d'autres facteurs.

Le nord du Brésil et la protection internationale pour les Vénézuéliens

La crise économique et politique actuelle au Venezuela a entraîné une augmentation du nombre de ses ressortissants qui traversent la frontière séparant le Venezuela et le Brésil par la ville de Pacaraima. Nombre d’entre eux poursuivent leur voyage en passant par Boa Vista dans l'État du Roraima, jusqu’à Manaus dans l’État de l'Amazonas. Selon le DPU, 600 Vénézuéliens franchissent en moyenne chaque jour la frontière, arrivant dans des conditions vulnérables et nécessitant une aide d'urgence par de la documentation, un abri, de la nourriture et des services de santé. D’où le nombre élevé d'enfants et d’adolescents vénézuéliens non accompagnés et/ou sans papiers dans la municipalité frontalière de Pacaraima, qui risquent d’être victimes d'exploitation sexuelle et de traite.

Afin de mieux gérer les flux de migration et de proposer un avenir meilleur aux réfugiés vénézuéliens, un programme interministériel appelé « Operação Acolhida » (« Opération Accueil »), lancé en 2018, apporte une réponse structurelle aux flux arrivant dans l’État de Roraima et à Manaus et propose des mesures d'intégration. Opération Accueil est soutenu par les Nations unies, l'Union européenne, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCNUR), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF). Les organisations locales de la société civile et l'armée participent à sa mise en œuvre.

« Au cours de la mission, nous avons pu constater l'important soutien que le DPU et l'Operação Acolhida fournissent déjà aux migrants en provenance principalement du Venezuela. Néanmoins, il reste beaucoup à faire et nous espérons apporter notre appui en mettant un accent particulier sur l'accueil, l'hébergement et l'intégration des enfants et adolescents dans les régions de l'Amazonas et du Roraima ».

Romain Gustot, Chargé de projet, MIEUX

Enfants migrants : lacunes actuelles dans la réponse du Brésil à un défi grandissant

En ce qui concerne les enfants dans la migration, les défis actuels sont notamment la langue, l'accès à des services d'enseignement et de santé appropriés, et d’éviter de les séparer de leur famille. Le point particulièrement préoccupant concerne ceux qui arrivent seuls, qui sont peu susceptibles de pouvoir répondre aux exigences de documentation et seront donc davantage exposés au risque d'exploitation, de traite et de violences. Lorsqu'ils sont accompagnés de membres de la famille autres que leurs parents ou famille immédiate, Opération Accueil lance une recherche active des parents proches.

En 2018, à la suite d'une réunion des organes pertinents, le Juge de l'Enfance et de la Jeunesse a décidé qu’il fallait améliorer les services aux migrants, en fournissant des instructions aux agents fédéraux ayant rencontré des difficultés dans la détection et l'orientation des enfants, et dans les situations de risque. Des agents supplémentaires ont été déployés, en collaboration avec la Police fédérale, afin de rechercher des parents d’enfants non accompagnés et de vérifier les liens de parenté avec les adultes qui les accompagnaient à leur arrivée.

Fin 2018, le DPU a publié un rapport décrivant le manque de protection pour les enfants, les adolescents et les femmes, en particulier du groupe ethnique autochtone des Warao, vers son potentiel d’exploitation sexuelle et de traite. Le rapport a vu le jour après une mission à Manaus dans le cadre de l'Action mondiale pour prévenir et combattre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants (GLO.ACT), en collaboration avec l'UE, l'UNICEF, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et l'OIM.

Le rôle de MIEUX : évaluer et soutenir le gouvernement brésilien

Afin d’apporter une réponse appropriée aux lacunes mises en évidence dans le rapport, le DPU a demandé l'aide de MIEUX fin 2018. L'action qui en découle aidera le gouvernement brésilien à évaluer la situation actuelle dans les États touchés et offrira un renforcement des capacités à 80 responsables gouvernementaux en techniques d'entretien pour les demandeurs de protection internationale, en particulier les enfants.

En plus de répondre aux besoins du DPU brésilien, les activités proposées sont également conformes aux modules de base et avancé du programme de formation du Bureau européen d'appui en matière d'asile (EASO). Avec un net accent sur les Lignes directrices de l'UE en matière de promotion et de protection des droits de l'enfant et les dispositions spécifiques aux enfants dans le Régime d'asile européen commun, les experts MIEUX axeront leur formation sur la ventilation des données par sexe, par âge et par origine ethnique, et la situation des enfants dans la migration et des enfants migrants non accompagnés dans l'UE.

Sur un plan général, ils partageront avec les participants des actions à l'échelle de l'UE sur : les enfants dans la migration ; des principes de systèmes de protection de l'enfant intégrés, avec un accent particulier sur l'accueil et des garanties de procédure compte tenu des différents aspects renforçant leur situation vulnérable ; et le partage de l'expérience concernant la création d'une base de données de l'UE en ligne sur les bonnes pratiques en matière de protection des enfants dans la migration. Aux côtés de l'autorité partenaire, les experts MIEUX élaboreront également un guide pratique sur des techniques d'entretiens sexospécifiques pour les demandeurs de protection internationale, avec un accent particulier sur l'entretien des enfants à titre de référence ultérieure.

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